| |
Dans la culture numérique,
le signe, le message et le document sont appelés à être
subsumés dans la catégorie des traces. Celle-ci ne désigne
pas un nouveau type d’objet, mais un mode inédit de présence
et d’efficacité, lié aux caractéristiques techniques
et sociales des réseaux.
Du télégraphe à l’empreinte
Les SIC se reconnaissent
au moins une convergence : l’étude
des messages et de leur traitement au sein de systèmes machiniques
ou sociaux. Qu’on les examine sous l’angle technique, sémiotique,
pragmatique ou sociologique, les processus d’information et de
communication sont toujours pensés comme des opérations
portant sur des signaux, des formes ou des contenus. Les sciences du
document s’intéressent à leurs
supports ou leurs agencements logiques ; l’étude des médias
se focalise sur leurs effets de sens et d’organisation. Dans le
modèle
télégraphique, l’information mesure la probabilité d’apparition
et de distorsion des signaux (Shannon, 1948). Dans le modèle orchestral,
la communication est multi-canal et les signaux enveloppent les participants
(Bateson, 1981). Mais, dans aucun des schémas fondateurs de la
pensée
communicationnelle, il n’est question d’empreintes, de signatures
ou de traces. Or, c’est en ces termes que présence et transaction
doivent être décrits dans l’environnement numérique.
Adressage des pages, identification des ordinateurs (IP), mémorisation
des préférences, tatouages des documents, login… avant
d’être un arrangement signifiant, l’instruction informatique
est un marquage, une « trace, construite ou retrouvée, d’une
communication en même temps qu’un élément de
systèmes identitaires » (Roger T. Pédauque, 2006,
p.32).
Le signe, tel que les SIC et la sémiologie le définissent,
procède d’un acte d’énonciation doté de
sens et (en partie au moins) d’intentionnalité. L’empreinte
numérique, elle, est automatiquement produite à l’occasion
d’un calcul, d’un codage ou d’une connexion, le plus
souvent sans que le sujet en soit conscient. Au lieu d’articuler
une face sensible (signifiant) à une représentation psychique
(signifié), la trace assigne une signature invisible à un
comportement informationnel, qui n’est pas toujours perçu
comme tel. Téléphoner, voyager, cliquer sur un lien, commander
un produit en ligne… autant d’activités que l’on
pratique « en aveugle », sans les éprouver comme traçage.
L’équivalence entre communication et conduite, que les chercheurs
de Palo Alto avaient établie pour critiquer la linéarité du
modèle télégraphique, trouve ainsi un prolongement
inattendu. Quand chaque agissement social se traduit en données,
il n’est plus besoin de poser le cadre d’une relation interpersonnelle
pour établir qu’on ne peut pas communiquer, puisque désormais
on ne peut plus ne pas laisser de traces.
L’étagement des niveaux de communication s’en trouve
bouleversé. Dans les échanges étayés par
les médias traditionnels, « la sémantique de la relation
ou du cadre précède les contenus de nos représentations,
et pilote celles-ci » (Bougnoux, 1998, p.19). En milieu numérique,
la trace est en deçà de tout cadrage métacommunicationnel.
Nos actes produisent de l’information avant même qu’un
message-cadre ne vienne les « intentionnaliser ». C’est
tout le paradoxe des réseaux : la fonction phatique des signaux
y est souvent plus déterminante que leur teneur sémantique,
mais les traces ne sont plus attachées à une énonciation.
Du moins, c’est une énonciation incertaine, sans marqueurs
corporels et différée. Les données sont des déictiques
qui ne signalent plus la continuité d’une présence,
mais simplement une identité. Si elles relèvent de la catégorie
des indices (Peirce) par leur pouvoir d’attestation, elles ménagent
en même temps l’espacement d’une différance
(Derrida). En termes de distance avec la source, elles sont en deçà de
la représentation et au-delà de la manifestation (Bougnoux).
Contextuelles, elles sont pourtant dissociables du hic et nunc de leur
production, car ce sont des « unités isolables, agençables
et calculables » (Roger T. Pédauque, 2006, p.186). C’est
cette déliaison des traces qui permet d’en faire une exploitation
administrative ou commerciale. Détachées de la personne
qu’elles
identifient, elles sont ouvertes à d’infinies « refabrications » en
fonction des stratégies et des besoins. « Nous ignorons
encore à quelles
responsabilités, à quelles incertitudes, nous expose l’usage
de ces particules de document, si élémentaires qu’on
les croit encore vierges de toute signification. Nul ne peut dire de
quel sens, mais chacun sait de quels intérêts ces fragments
sont porteurs. L’économie du médium a remplacé l’économie
du message » [1].
La redocumentarisation des traces
L’hypothèse d’un comportement zéro est donc
moins que jamais envisageable : désormais, non seulement tout communique,
mais tout informe. Public, intime et privé se rejoignent dans une
même sphère, où la mise en commun relève autant
de la collecte et de l’indexation que de l’échange et
de la publication. Le Web incite à la spontanéité du
mode conversationnel, tout en documentant de façon pérenne
chaque source ou « prise de parole ». Cette traçabilité appelle
une science du document élargie aux raisons pragmatiques, et une
science de la communication tournée vers les processus documentaires.
La sémiologie ne saurait en effet décrire cette traçabilité.
Examinant le fonctionnement des signes sur le mode du système, elle
a dégagé les codes sur lesquels la culture de masse s’est
construite. Mais c’est précisément cette massification
que la culture numérique met aujourd’hui en question.
Pour penser cette traçabilité, il faut se placer dans la perspective
de ce que Jean-Michel Salaün appelle la redocumentarisation [2]. Les empreintes
que nous laissons sur les réseaux sont au cœur de ce processus
qui permet aux récepteurs – destinataires ou non – de réarticuler
les contenus selon leur interprétation. Utiles et signifiantes sans être
encore des documents, les traces dépendent des opérations d’extraction,
d’annotation et de réagencement auxquelles elles sont soumises.
Alors que les contenus étaient jusqu’alors assignés à une
matérialité qui les validait, les données numériques
ne dépendent plus de la stabilité d’un support. La personnalisation
des interfaces, la multiplication des liens et la généralisation
des formats séparant forme et structure (XML) leur confèrent
une plasticité inédite. Elles se prêtent aux recoupages
et aux croisements, comme les éléments d’une base de données
qui aurait pour contour l’identité. Dans des environnements toujours
plus dynamiques, la traçabilité consiste alors en un double mouvement
de reconstitution des cycles et de reconstruction des contenus « à la
volée ».
Cette nouvelle disponibilité des traces donne au récepteur une
liberté de traitement qu’il n’avait guère avec les
médias analogiques. Mais, simultanément, elle expose chacun aux
stratégies lourdes de l’attention. La lisibilité nouvellement
partagée entre émetteurs et utilisateurs, telle qu’elle
a été promue en modèle par les blogs, fait de chacun un
auteur potentiel, mais aussi une cible possible. Pendant que les personnes
jouent elles-mêmes avec leur signature, les puissances économiques
et politiques cherchent à cerner leur comportement. Toute la question
est de savoir où passe la frontière entre surveillance et redocumentarisation.
Autrement dit, comment délimiter les droits d’accès, d’interprétation
et de transformation, pour que l’usage des traces soit protégé techniquement
et politiquement.
La traçabilité : un carrefour sociotechnique
Par leur capacité à reconsidérer la place de la technique
dans les faits sociaux, les sciences de l’information et de la communication
ont un rôle particulier à jouer dans cette négociation
entre circulation et protection des données. Là où la
pensée classique traite du médium comme d’une réalité seconde,
venant après le sens et la conscience, les SIC ont vocation à poser
l’extériorité d’une raison produite par les réseaux
sociotechniques. Au lieu de voir dans la technologie un épiphénomène,
dont il faudrait limiter les effets sur une nature humaine immuable, la
pensée communicationnelle nous aide à admettre que dispositifs
et dispositions se construisent ensemble. Ainsi, nos empreintes numériques
ne sont séparables ni des situations de communication, ni des formes
de l’identité dont elles témoignent. Imaginer qu’on
pourrait suspendre cette traçabilité (par des règles
juridiques) sans affecter du même coup toute la logique des interactions
est une illusion.
L’anthropologie a montré que la tekhnè consiste en une
externalisation de nos fonctions [3]. En s’externalisant, les facultés
se modifient : elles acquièrent une dimension formelle et organisationnelle,
qui dépasse l’individu et lui survit. Après la force, la
perception, le calcul et la mémoire, l’identité pourrait
bien être la dernière de nos propriétés ainsi mise
au-dehors par nos médias. Avant de signifier ou d’informer, ceux-ci
ont pour fonction de ménager des espaces intermédiaires, où le
réel peut être négocié, contenu, filtré.
Dans ces entre-deux, nous établissons des relations de confiance qui
produisent du collectif. La migration des identités sur les réseaux
engage donc beaucoup plus que la vie privée. Elle relève du politique,
quand bien même elle ne concernerait que des échanges interpersonnels.
Ce tissage social en amont de tout message demande à être accompagné. « Objets
politiques et non sémantiques » [4], les traces numériques
façonnent l’être-ensemble sans être toujours déterminées
par des stratégies industrielles ou étatiques. Il importe de
dénoncer l’opacité des contrôles et des intérêts
derrière l’apparente libre circulation des traces. Mais il faut
aussi comprendre comment la traçabilité s’auto(re)produit
par les seules propriétés des réseaux. Ce n’est
qu’à cette condition qu’on parviendra à alerter l’opinion
publique sur ses dangers, sans retomber dans le fantasme de big brother. À la
fois source et conséquence de la redocumentarisation, les attentes des
acteurs sont indissociablement sociales et techniques. Le fait que la traçabilité soit
en elle-même invisible rend d’autant plus nécessaire l’explicitation
de ces couches logiques liées aux architectures. Les approches sociologiques
et politiques des faits de communication ont donc intérêt à se
rapprocher du versant ingénierie des sciences de l’information,
pour élaborer ensemble une intelligence des outils. |
|
|
| |
Ce qui s’enregistre ne
préexiste pas à l’enregistrement. Loin de se limiter à une
publicisation du privé, le marquage des données participe
d’une restructuration en amont des informations, qui a pour logique
la personnalisation.
L’information sur mesure
Les données personnelles sont le pivot d’une nouvelle économie
des savoirs et des interactions, parce que l’information ne se conçoit
plus que par rapport à un contexte, un besoin, une relation. Alors
que le signe tendait idéalement vers le partage d’un sens
par le plus grand nombre (code), la trace vise à calibrer au plus
près des renseignements sur mesure (signature). Cette logique de
personnalisation trouve ses vecteurs les plus actifs dans les applications
du Web 2.0. Podcasting, blogs, syndication… il n’y a plus un
document maître et des copies, mais une cascade d’états
où l’information s’adapte à chaque condition
de lecture et d’écriture. Le projet d’un Web sémantique
radicalise cette fragmentation des contenus en documents virtuels personnalisables,
recalculés dynamiquement à partir d'un moteur et d'un ensemble
d'ontologies.
Là où la culture de masse fabriquait des dénominateurs
communs, le numérique tend « naturellement » à personnaliser
l’information qu’il dissémine. Par un « déplacement
du centre » (Doueihi, 2008, p.134), il donne à chacun
son information, en faisant de la pertinence, reconstruite à chaque
session, l’unique boussole. La personnalisation apparaît ainsi
comme un moyen de compenser la perte des visions synthétiques et
la désorientation par une focalisation sur soi. Cette information
sur mesure pourra-t-elle produire « des différences, qui engendrent
d’autres différences » (Bateson), ou s’épuisera-t-elle
dans la clôture informationnelle de « nos mondes propres » (Bougnoux)
? Elle suppose en tout cas un traçage des singularités qui
affecte l’identité.
L’identité comme collection de traces
La personne qui sert de filtre à l’information n’est
pas celle de nos CV, de nos appartenances et de nos papiers d’identité (même
si, de plus en plus, elle en tient lieu). C’est une entité purement
numérique, qui se résume à la collection des traces
laissées par nos connexions : requêtes, téléchargements,
géolocalisation, achats, mais aussi contenus produits, copiés,
repris, etc. Nous n’avons qu’une connaissance approximative
de cette identité disséminée dans les réseaux.
Opérateurs, marchands, moteurs de recherche et services de renseignements
en savent plus sur nos comportements numériques que nous-mêmes,
car ils ont la capacité de les archiver, de les recouper et de les
modéliser.
La première protection contre « l’expropriation identitaire » consiste
donc à reprendre la main sur la gestion de nos traces – en
déposant un nom de domaine, en administrant un site, en agrégeant
ses favoris… D’une façon générale, face à l’impossibilité de
se soustraire aux systèmes de surveillance, c’est la mise
en œuvre d’une sousveillance [5], où l’acteur enregistre
lui-même les indices de sa présence, qui peut l’aider à préserver
l’intégrité de son identité. Il faut aussi apprendre à jouer
de la « polyphonie » du double numérique : « multiple
et diversifié, autorisant flexibilité et pseudo-anonymat » (Doueihi,
p.82), celui-ci n’a pas la rigidité d’une étiquette
sociale. Il laisse une place à l’ironie, au mensonge, à la
fiction.
Pour autant, l’individu numérique est bel et bien épié avec
un degré de pénétration inédit. La sémiotisation
des comportements visait à élaguer les particularismes pour
dégager des invariants (stéréotypes, codes, mythologies).
La traçabilité consiste à l’inverse à pister
les singularités pour cibler toujours plus finement l’information.
Le token devient la valeur ajoutée sans laquelle le type n’a
plus la capacité d’orienter attention et marchandisation.
En même temps, la communauté prime sur l'individu dans la
mesure où l’identité s’assimile à un processus
communicationnel. Chaque acteur n’existe que dans son rapport discriminant
aux autres usages, préférences ou opinions. Même la
cognition se publicise, puisque nous donnons à observer nos manières
de lire, écrire, chercher, trier…
Reste à savoir jusqu’à quel point une telle identité est
calculable. Théoriquement, les faits de communication ont pour particularité de
ne pas être programmables, comme le sont les échanges de matière
ou d’énergie. Mais, pour les stratèges du traçage,
nos empreintes sont censées prédire nos comportements. Heureusement,
l’identité procède d’une construction dans le
temps : on peut la reconstituer, mais pas entièrement l’anticiper.
Quand bien même un moteur de recherche établirait une « base
de données de nos intentions » (Battelle, 2005), la part d'imprévisibilité propre à chaque
individu ne pourrait lui permettre d'anticiper avec certitude nos actions.
|
|
|
| |
Plasticité identitaire
et traçabilité se renforcent mutuellement. Plus nous diversifions
notre présence numérique, plus nous laissons d’indices,
et plus il y a de traces à suivre, plus notre profil se complexifie.
Le flux engrange du stock, lequel favorise à son tour une intensification
du flux.
L’impensé machinique de la rémanence
La valorisation des empreintes révèle la double nature de
l’information, à la fois instable et pérenne. Pendant
longtemps, on a voulu croire que les messages circulaient dans les réseaux
sans sillage, et on ne s’est pas privé de dénoncer
cette volatilité des contenus. De plus en plus de documents sont
de fait des structures dynamiques dont les composantes se renouvellent
continuellement. L’organisation des traces en hypertextes accentue
la fragilité des échafaudages sémantiques ou logiques – la
bifurcation devenant le pivot de toute navigation. La rotation rapide des
standards et des formats rend pour finir tout système numérique
en lui-même éphémère.
Mais en même temps, la délocalisation des mémoires
entraîne une inflation des couches internes de l’information,
donc l’enregistrement d’un nombre toujours plus grand de traces.
L’instabilité des dispositifs impose d'identifier l’état
du document en même temps que son contenu, démultipliant les
informations sur l’information. C’est tout le paradoxe de cette
logique : elle indexe la valeur sur l’actualité (une information
périmée n’en est plus une), tout en provoquant un développement
sans précédent des métadonnées.
Du coup, l’archive voit son rôle renforcé. À la
fois consignation, publication et normalisation, elle vise aussi à anticiper.
Les masses de données doivent être découpées
afin d’être traitées par des agents intelligents et
des robots. Derrière chaque trace, se jouent des prescriptions d’usage,
des modèles à formaliser, des retours d’investissement à planifier.
L’élaboration et la possession d’index deviennent l’enjeu
même de la compétition entre fournisseurs de services et industriels
de la communication. Cet impensé de la rémanence remet profondément
en question l’opposition du stock et du flux. Dans la société numérique,
irréversibilité et turn over vont de paire : notre propre
mobilité – cognitive, consommatrice ou sociale – a pour
prix le port d’innombrables « bracelets d’informations ».
Recyclage et enchevêtrement
Le rapprochement entre archive et mobilité témoigne d’un
bouleversement général de la causalité : dans l’univers
numérique, l’enchevêtrement des hiérarchies devient
la règle. L’information, dont nous étions les émetteurs
ou les récepteurs, est aujourd’hui ce qui façonne notre
identité. Nos relations pragmatiques sont enchâssées
dans des protocoles techniques, qui épousent eux-mêmes au
plus près nos différences.
Les métadonnées n’encadrent pas nos messages comme
du métalangage. Elles les rendent disponibles pour d’autres
situations de communication. Les traces que nous laissons sur les réseaux
sont elles-mêmes réinjectées comme des contenus ou
des dispositifs d’orientation. C’est notamment ce qui se développe
autour de Flickr, où les internautes déposent photos et vidéos.
Des programmes permettent désormais d’aller automatiquement
y puiser des images pour habiller son blog [6]. L’étiquetage
des photos effectué par les internautes (auteurs ou non) avec des
coordonnées géographiques ou toponymiques permet par ailleurs
d’automatiser la réalisation de cartes, que chacun pourra
consulter et enrichir. Les empreintes des uns sont ainsi recyclées
en traces des autres, sans que cela fonctionne comme emprunt ou citation.
Au-delà des plates-formes de partage, se multiplient des outils
comme Hotmap ou TouchGraph, qui permettent d’observer ce que d’autres
ont cherché, visionné ou marqué. Combinés avec
les réseaux sociaux, ils font de chaque profil un nœud pour
relier entre elles toutes les identités.
Les données personnelles ne sont donc plus seulement l’envers
invisible de notre présence numérique. Elles sont devenues
l’espace où nous naviguons. Réputation, connaissance,
argumentation, confiance… tout se déduit, par percolation,
des résonances entre les traces : message is metatag. L’ombre
numérique ne peut dans ces conditions que croître d’une
façon exponentielle [7], quelles que soient nos vigilances et nos
appréhensions.
Cela ne doit pas nous dispenser de réfléchir aux moyens de
préserver une capacité collective d’oubli. Les traces,
on l’a vu, sont désormais le bien commun qui dessine les contours
de la Cité. Le droit à l’effacement des données
ne concerne donc pas que les individus. Il touche à ce qui nous
relie, c’est-à-dire à ce qui permet de nous identifier
au sein d’un nous. Au nom de la défense de la vie privée,
il ne faudrait pas oblitérer cette dimension fondamentalement politique
de la traçabilité.
|
|
|
| |
NOTES
[1] M. Melot, préface à Roger T. Pédauque, Le document à la
lumière du numérique, Caen, C&F éditions, 2006,
p.14.
[2] Voir La Redocumentarisation du Monde par le collectif Roger T. Pédauque
(Cépaduès éditions, 2007) et J.-M.Salaün, « La
redocumentarisation, un défi pour les sciences de l’information », Études
de Communication n°30, Entre information et communication, Les nouveaux
espaces du document, Université Lille 3, 2007.
[3] Voir les travaux d’A. Leroi Gourhan et leur interprétation
par B. Stiegler dans La Technique et le temps, Paris, Galilée,
3 vol., 1994-2001.
[4] M. Melot, op. cit., p.13.
[5] Terme proposé par Steve Mann pour décrire l'enregistrement
d'une activité du point de vue de la personne qui la pratique.
[6] Voir O. Ertzscheid, « Le plug-in de la redocumentarisation »,
affordance.info, billet du 21/03/2008 [en ligne]. Disponible sur http://affordance.typepad.com/mon_weblog.
[7] Voir I. Williams, « Digital universe continues to expand »,
vnunet.com, 13 Mar 2008 <http://www.vnunet.com/vnunet/news/2211903/digital-universe-continues-explode>.
|
|
|
| |
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bateson,
G. & al., La Nouvelle communication, Paris, Le Seuil,
1981.
Battelle J., The Search : How Google and Its Rivals Rewrote
the Rules of Business and Transformed Our Culture, New York,
2005,
traduit de l'américain
par Rueff D., sous le titre La révolution Google, Paris,
Eyrolles, 2006.
Bougnoux, D., Introduction aux sciences de la communication, Paris,
La Découverte, 1998.
Derrida J., De la grammatologie, Paris, Les Éditions de
Minuit, 1967.
Doueihi M., La Grande conversion numérique, Paris, Le Seuil
, 2008.
Roger T. Pédauque, Le document à la lumière du numérique,
Préface de M. Melot, Caen, C&F éditions, 2006.
Peirce Ch. S., Ecrits sur le signe, rassemblés traduits et commentés
par G. Deledalle, Paris, Le Seuil (coll. L’ordre philosophique),
1978.
Shannon, C. & Weaver, W. La Théorie mathématique
de la communication (1948), Paris, Retz-CEPL, 1975.
|
|
|