Empreinte de télévision, 1995 © J.-Ph. Baert
   
       
Jean-Philippe Baert    
       
Empreintes de télévision
Mois Off de la Photographie, Paris, 1998
   
           
 

L’écran persistait sur la rétine. Des silhouettes passaient, comme dans un rêve.
Brouillées, imbibées par la nuit cathodique, 
Elles filaient
Aspirées par le flux,
En laissant derrière elles de vagues lambeaux de lumière.
Un visage sans trait
Des animaux étranges et familiers
Un astre sans nom
Pas même une présence - à peine un souvenir.

Mais l’écran persistait.

Derrière le vide des images,
Quelque chose s’obstinait.
Et le regard, distrait, basculait dans ce vide
Comme dans un autre monde,
Vers des images sans machine de vision.

Empreintes à même la rétine
A même le papier.
Vestiges de lumière amniotique
Traversant les membranes
Pour remonter le temps,
Vers la région du sommeil
La région du désir enveloppant.

Sur l’écran
Rond et chaud
Il ne restait plus rien
Qu’une neige 
Qui tournoyait en silence
Comme une réminiscence.

   
 
Louise Merzeau
   
           
       
[voir le site de Jean-Philippe Baert]    
       
           
© Louise Merzeau