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Reposant sur le principe des «
calques » numériques, cette série combine trois registres,
dont les couches ne se déploient plus dans l'étendue de
l'image (comme dans mes Strates),
mais dans le jeu des transparences et des opacités.
La première composante est photographique et individuelle : prises
lors de voyages en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, en
Écosse, en Belgique... , les images convoquées reviennent
sur les traces de mon propre cheminement, et dessinent une Europe dont
le centre est absent.
À cette mémoire itinérante et intime, est superposée
celle des origines, inscrites dans un territoire par le biais de cartes
postales issues de mes archives familiales.
Enfin, chacune de ces compositions est raccordée au temps collectif
de l'histoire, en étant fictivement associée à une
date et un lieu relatifs à la guerre en Yougoslavie.
Jeu de correspondances entre le recto familier du réel, du souvenir
et de l'appartenance et le verso tragique de l'imaginaire, de la guerre
et de l'oubli, le montage numérique sert ici à questionner
l'identité et le rapport à l'autre. Car la possibilité
même de l'être-ensemble passe à mes yeux par un partage
des images : non pas tant celles, électroniques ou cathodiques,
que l'on consomme à heure fixe, mais celles, revenantes et désirantes,
que nous gardons en réserve et en devenir...
Louise Merzeau
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