"Art Loft Photo" 1991
   
       
Exposition collective
Artothèque du CRDP de l'Académie de Créteil
   
 

Triptyques, colonnes - 1991

   
           
  Accorder une place à la photographie dans une Artothèque : geste évident, délicat ou absurde ? L'image photographique accède aujourd'hui aux musées, aux galeries, au marché de l'art. Des peintres la pratiquent, des photographes la conjuguent avec la toile, la palette et la gouache. Mais sa position esthétique est-elle pour autant clairement établie ? L'histoire de la photographie se confond pour une grande part avec celle des rapports, souvent orageux, qu'elle a entretenus avec les arts plastiques. Souvent rejetée comme reproduction servile d'une réalité trop connue, handicapée par la force même de son ancrage dans notre vie quotidienne, l'activité photographique a dû conquérir sa place dans le territoire artistique. Elle y est parvenue en revendiquant tantôt l' irréductible spécificité de sa démarche, tantôt la complémentarité profonde  de ses recherches avec celles des autres arts visuels. Si l'enjeu de toute approche esthétique est plus de questionner que d'apporter des réponses, c'est vers ces questions posées par la photographie qu'il faut se tourner, non pas pour arrêter un jugement sur sa portée artistique, mais pour entrer dans la dynamique de cette aventure.
La réalité des œuvres, des actes, l'amplitude des évolutions, des ruptures, la cohérence d'une histoire de l'art photographique restent à découvrir pour beaucoup d'entre nous. Mais il faut aussi ranimer ou déclencher la conscience d'un avenir : l'esthétique photographique n'en est qu'à ses balbutiements et tout un espace vierge  à explorer s'offre encore aux artistes, aux amateurs et aux critiques.
 
   
           
 
Louise Merzeau
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  Ce texte a servi d'introduction à la table ronde accompagnant l'exposition    
           
         
© Louise Merzeau